Extrait  de "Un chat sous ma fenêtre"


   Le lendemain matin, je me réveillai aux aurores, excitée et impatiente, et je traînai comme une âme en peine dans la maison en attendant le réveil de Maman, et l'arrivée de Lilou, qui avait tenu à nous accompagner. Avec Monsieur Mouche, c'était ma meilleure amie, elle avait toujours tout partagé avec moi, depuis la maternelle, où elle avait déjà ce tic de relever son sourcil droit sans que le gauche ne bouge, c'était comme les trois poils blancs de Chouchou, son petit truc à elle, qui en faisait  une personne unique. Nona disait toujours que chaque personne avait son charme particulier, qu'il fallait voir avec le cœur, et que la beauté se logeait parfois dans ce qui ne se montrait pas au premier abord. Cela me ramena soudain un an et demi en arrière, le fameux jour où nous avions trouvé Chouchou : nous revenions de la fête de la fraise, et où on avait élu une Reine , jugée la plus jolie, et qui porterait un diadème, comme Élisabeth d'Angleterre, mais moi, j'avais trouvé cette mise en scène un peu ridicule, et puis quoi, elle n'y était pour rien, cette fille, si elle était belle, on aurait mieux fait de donner une couronne à la plus gentille, ou la plus méritante, parce qu'elle aurait aidé les autres, inventé un objet extraordinaire, battu un record de course, sauvé quelqu'un de la mort, bref, une action dont elle aurait été pleinement responsable, et qui lui aurait coûté des efforts. Moi, je ne me présenterais jamais à un concours de beauté, mais depuis que j'étais bénévole à l'Adasfy, j'avais envie de travailler encore mieux à l'école, pour devenir vétérinaire, et m'occuper des animaux abandonnés. Mais je n'étais pas sûre d'obtenir une couronne pour ça.